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La vérité sur les co-produits alimentaires : une vraie source d’innovation

Temps de lecture : 4 minutes

Les co-produits représentent 12,1 millions de tonnes de matière sèche en France. Un chiffre qui peut faire peur… Mais de nombreuses entreprises et start-ups ont décidés de revaloriser ces matières ! Le premier bénéfice est écologique mais c’est aussi, souvent, une belle opportunité économique…

Le co-produit alimentaire n’est pas un déchet

Lors du processus de fabrication de denrées alimentaires, le transformateur peut générer des déchets organiques et des coproduits. Selon la définition de l’ADEME (l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), un coproduit est une matière qui est créée au cours même du processus de fabrication d’un produit, que ce soit de façon intentionnelle ou non. Le coproduit est destiné à un usage particulier, distinct de celui du produit dont il est issu.

De plus, l’Ordonnance 2010-1579 du 17 décembre 2010 précise qu’un coproduit est une substance ou produit résultant d’un processus de production qui n’est ni un produit, ni un résidu, ni un déchet, dont la valorisation économique est totale et qui dispose d’un marché adossé à une cotation. Des agents économiques spécialisés, différents des producteurs, interviennent fréquemment pour assurer sa distribution.

> La valorisation du coproduit est donc une transition vers une économie circulaire.

Quels principaux secteurs générateurs de co-produits ?

Selon l’enquête Réséda de 2017, les coproduits issus de l’agriculture et des industries agro-alimentaires représentent 12,1 millions de tonnes de matière sèche en France. Les principaux secteurs générant environ 85% des coproduits sont :

  • L’industrie de la viande
  • La filière pêche-aquaculture
  • L’industrie des boissons (distillerie, malterie, brasserie, filière vinicole)
  • L’industrie laitière
  • La filière végétale avec les fruits et légumes, les produits céréaliers et les produits oléo-protéagineux (industrie sucrière, amidonnerie-féculerie, meunerie, semoulerie de maïs, de blé dur …)

Le volume estimé par an pour les coproduits issus des industries de 2nde transformation est de 200 000 tonnes, soit un volume largement inférieur aux coproduits des industries de 1ère transformation. Ces coproduits issus de différentes filières (biscuiterie, céréales de petit déjeuner, plats préparés, alimentation infantile, confiserie, pâtes alimentaires…) sont hétérogènes (mélange de produits animaux et végétaux), plus ou moins humides, ayant subi ou non un traitement thermique. Ce sont des débuts ou des fins de production ou des produits déclassés, emballés ou non emballés.

Plusieurs voies de valorisation sont possibles

Les coproduits agroalimentaires représentent des ressources importantes dont la valorisation en alimentation animale représente la principale voie. Ces derniers peuvent être utilisés en l’état ou après transformation pour nourrir les animaux d’élevage ou de compagnie.

Par ailleurs, les coproduits sont aussi utilisés comme matières premières destinées à différentes industries (agroalimentaire, cosmétique, pharmaceutique, …). Cette voie de valorisation est de loin la plus intéressante d’un point de vue économique.

Enfin, une partie du tonnage est destinée à la filière agronomique (engrais, fertilisation, compostage, épandage) et à la production d’énergie (méthanisation, incinération, combustion).

Extraire des molécules d’intérêt pour fabriquer des aliments : focus sur la filière végétale

De nombreux coproduits issus de la filière végétale sont utilisés pour fabriquer des aliments. Mais parfois le coproduit ne peut être valorisé directement dans son intégralité, on va donc en extraire les molécules d’intérêt (avec des spécificités fonctionnelles, organoleptiques et/ou nutritionnelles) pour produire des ingrédients destinés à l’industrie agroalimentaire comme par exemple :

  • Extraire des antioxydants et des flavonoïdes à partir de pelures d’oignons, de pommes ou de pomme de terre
  • Produire de l’acide tartrique à partir de marc de raisin
  • Produire des pectines et des enzymes à partir de marc de pommes

De nombreuses sociétés utilisent les coproduits en mettant en avant leur démarche environnementale. Voici quelques exemples d’aliments et d’ingrédients innovants issus de coproduits végétaux :

 
Marque ou société Coproduits utilisés Aliments ou ingrédients
Resurrection / la Drêcherie Drêches (pulpe des céréales maltés
lors du brassage de la bière
Crackers/ biscuits
Ramen tes drêches Nouilles instantanées
Maltivor Farines riches en fibres,
protéines et minéraux
Cheers Revalorisation Mueslis
Labo de la Drêche Falafels
CP Kelco Fibre issue d’écorce d’agrumes Solution texturante clean label
Resurrection Marc de pomme (pulpe et peau déshydratées) provenant de la fabrication de jus de pomme ou de cidre Crackers
Renewal Mill Pulpe issue de jus végétaux
(soja, avoine, amande…)
Farine sans gluten
Triballat Ingrédients (Sojyfib) Solution à base d’Okara de soja aux fonctionnalités texturantes et liantes, riches en fibres
Van Hoos & Sons Pulpe séchée de cerise de café Cascara de café à utiliser en infusion
Nestlé (Inoca) Pulpe de la cabosse de cacao Tablette de chocolat
Barry Callebaut (Cabosse Naturals) Pulpe, jus et cascara (coque extérieure séchée
et réduite en poudre) de cacao
Gamme d’ingrédients aux fonctionnalités gustatives
et nutritionnelles

Un exemple près de chez nous !

Kolectou, startup rennaise créée en 2018, a pour mission de valoriser les surplus de pains de boulangeries. Une fois collecté, le pain est séché et broyé afin d’obtenir une poudre qui est ensuite utilisée pour la fabrication de pâtisseries sucrées et salées. Vendues sous la marque Tadaam, trois recettes sont ainsi proposées en tant qu’aide culinaire pour l’élaboration de pâtisseries.

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Bandeau contact

 

Emilie ROBINEmilie ROBIN

Écrit par Emilie ROBIN

Emilie est conseiller culinaire spécialiste en industrie agroalimentaire au Centre Culinaire Conseil #restauration #R&D #agroalimentaire

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